Attaque de la maison centrale : ‘’l’Etat a failli dans ses obligations…’’ selon un avocat de Dadis

2 weeks ago
LES CHIMPANZÉS DE BOSSOU -GUINEE

CONKARY- L’ex président Moussa Dadis Camara et les colonels Blaise Goumou, Moussa Thiegboro Camara, sont visées par de nouvelles infractions alors qu’ils sont poursuivis pour d’autres faits liés aux atrocités au stade du 28 septembre en 2009.


Ces  nouvelles infractions ont été évoquées par le Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry après l’attaque de la maison d’arrêt de la capitale guinéenne ayant permis leur évasion de cette prison le 4 novembre 2023. Ils sont désormais visés pour des faits « d’assassinat, homicide volontaire, évasion, association de malfaiteurs, complicité… ».

Interrogé sur cette affaire dans laquelle son client l’ex président Moussa Dadis Camara est concerné, maitre Pépé Antoine LAMAH indique avoir décidé de ne pas s’associer à la procédure liée à l’attaque aux évènements du 4 novembre 2023. La raison selon lui, « c’est pour ne pas tomber dans les pièges du ministre garde sceaux qui a choisi à travers cette procédure téléguidée, d’étouffer le capitaine Moussa Dadis Camara dans sa défense dans le dossier du 28 septembre », a-t-il accusé.

Maître Pépé Antoine Lamah

« Le président Moussa Dadis est une victime d’enlèvement. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux devrait plutôt faire preuve de compassion à son égard. Malheureusement, sans avoir tous les éléments à sa portée, alors même qu’il était en dehors du pays, il s’est précipité pour coller la thèse de fugitif et d’évadé au capitaine Dadis et donner des instructions afin que des poursuites soient enclenchées contre lui. C’est de trop », dénonce l’avocat.

L’ex président du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) a déjà un dossier pour lequel il est en prison depuis plus d’une année rappelle Me Lamah avant de d’interroger pourquoi profiter d’une situation causée par des inconnus pour décider de l’étouffer dans sa défense ? Est-ce que parce que le ministre est convaincu que le capitaine va sortir blanc comme neige dans cette procédure qu’il faut en inviter ailleurs pour à tout prix obtenir sa peau ? « En tout cas ça tout l’ère. D’ailleurs, nous ne voyons même pas de garantie la tenue d’un procès juste et équitable de ce côté », ajoute-t-il.

Moussa Dadis Camara, après son évasion manquée

Le capitaine est poursuivi au même titre que Blaise et Thiegboro qui ont été précipitamment radiés des effectifs de l’armée guinéenne. Cette décision de la première a été prise sans même que la justice n’ait tranchée sur la responsabilité ou non des deux officiers. « La décision a été prise sans l’autorité compétente n’attende l’aboutissement des enquêtes, si c’est le tribunal militaire qui nous savons, de par sa composition relève en tout cas des autorités militaires, il y a de quoi en douter », ajoute Me Pépé Antoine Lamah.

Sur l’attaque de la prison par le commando, l’Etat a failli selon l’avocat. Il estime que s’il devrait y avoir des sanctions, le ministre Alphonse Charles Wright devrait être le premier à être concerné.

« Parce ce que je vais vous dire, après avoir pris langue avec le capitaine Moussa Dadis suite aux évènements du 4 novembre, je me suis rendu compte à l’évidence qu’il a été enlevé, sa vie a été mise en danger, et il doit à son retour saint et sauf à la maison centrale au seul bon Dieu. Une chose est évidente, l’Etat a failli dans son obligation de garantir au capitaine Moussa Dadis Camara sa sécurité. Le capitaine avait demandé à être placé en résidence surveillée, ce sont les autorités judicaires qui ont décidé de son maintien à maison centrale de Conakry. Dans ces conditions, nulle besoin de rappeler que la sécurité de la maison centrale relève de l’administration pénitentiaire qui est un département du ministère de la justice et des droits de l’homme. Si des sanctions devraient tombées, elles devraient s’abattre sur le ministre de la justice et garde des sceaux avant d’atteindre les gardes pénitentiaires qui ont impuissamment assisté à cette situation car l’autorité qui les gouverne n’a pas mis les moyens à leur disposition pour prévenir ces genres de situation pour riposter », a dénoncé l’avocat du capitaine Moussa Dadis Camara, joint ce jeudi 16 novembre par un journaliste d’Africaguinee.com

Aboubacar Siddy Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664 72 76 28

Créé le 17 November 2023 11:12

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